La Journée internationale de l’homme

Le 19 novembre, c’est la Journée internationale de l’homme. Certaines personnes se disent : « Ils ont déjà 364 journées pour eux, pourquoi une journée spéciale? ». Bonne blague penserez-vous, mais justement, c’est pour ce type de réflexion que cette journée a été créée. À l’instar de la Journée internationale des femmes, la Journée internationale de l’homme, inaugurée il y a 20 ans par le professeur et historien Jérôme Teelucksingh à Trinité-et-Tobago dans les Caraïbes, permet de promouvoir les bons modèles masculins d’aujourd’hui. Elle se veut une façon de commémorer les réussites et contributions du genre masculin à la société et de mettre fin aux préjugés « qui ont la couenne dure » envers les hommes. Croyez-moi, cette journée a sa juste raison d’être.

Les bons gars, les vrais, ne sont pas juste à la télé, on les retrouve partout et ils sont plusieurs, dans vos familles, parmi vos amis et collègues de travail. Tout en poursuivant la conscientisation et la valorisation de l’égalité des sexes, parce que c’est justement d’égalité dont il est question ici, il est important de dire, haut et fort, quelles sont les contributions positives des hommes à la société et de dénoncer les préjugés et violences dont ils sont malheureusement victimes.

Du modèle masculin traditionnel vers l’homme contemporain : les bons coups

Bien sûr, il y a les Gandhi, Albert Einstein, Aristote et Pierre Curie de ce monde qui ont contribué de façon significative à l’évolution de la société d’aujourd’hui, mais nul besoin de chercher bien loin pour trouver de bons modèles masculins contemporains. Il n’y a qu’à penser au père de famille qui joue au hockey dans la rue ou qui fait des biscuits avec son enfant. Aujourd’hui, l’éducation des enfants, ce n’est plus que l’affaire des mamans. Les pères aussi veulent contribuer au développement de leur enfant et l’aider à devenir un bon citoyen.

Dans la vie conjugale, il n’est plus excentrique de voir un homme faire la vaisselle ou le lavage… Les hommes démontrent, par leur participation aux tâches ménagères autrefois réservées aux femmes, qu’ils supportent la cause des femmes et désirent, eux aussi, l’égalité des sexes.

Au travail, même constat, plusieurs femmes accèdent maintenant à des postes de direction. La société, incluant les hommes, admet que les femmes ont les mêmes compétences que les hommes pour occuper ces emplois. On constate, avec enthousiasme, que les professions sont de moins en moins « genrées ».

Dans le domaine de la santé, les hommes se sentent aussi davantage concernés. Chaque année, le Movembre rassemble près de 200 000 hommes de plusieurs pays autour d’une cause, la recherche sur le cancer de la prostate et la santé masculine.

Enfin, pour la société en général, sans être atteinte dans toutes les sphères, la parité donnant un accès égal aux hommes et aux femmes aux responsabilités sociales, culturelles et politiques est sur une bonne lancée.

Préjugés sociaux et détresse psychologique chez les hommes

Depuis le début de l’humanité, l’homme doit prouver à la société qu’il est un super héros, que ce soit par sa force physique, émotionnelle ou financière. La société fait de lui un être fort, prêt à combattre pour défendre sa famille, sa patrie. Il ne doit pas pleurer et nécessairement, connaît la mécanique, l’informatique et tous les mots finissant en « ique ».

Ces préjugés sociaux sont lourds à porter pour les hommes et peuvent, malheureusement, entraîner la détresse psychologique et même le suicide, qui est trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Dans 90% des cas, les hommes qui perdent la vie par suicide souffrent de dépression. Les hommes ne demandent pas, dans plusieurs cas, l’aide dont ils ont besoin. Ils ne parlent pas, ils gardent en eux le désespoir parce que le fait de se confier, selon les valeurs de la société, les classerait parmi les êtres faibles. La dépression est loin d’être un signe de faiblesse… Il y a un manque flagrant de ressources pour fournir des services aux victimes, mais surtout de sensibilisation. Il faut amener les hommes en détresse à consulter des personnes spécialisées (psychologues, médecins, intervenants, etc.) pour les inciter à comprendre et surtout à affronter cette souffrance vécue et pour cela, il faut mettre fin aux préjugés tenaces cataloguant les hommes comme des êtres insensibles et capables de gérer leurs émotions seuls.

Les hommes aussi sont victimes de violence

D’ordre général, ce sont principalement les femmes qui sont victimes de violences de toutes sortes (80% des cas), mais la violence psychologique et même physique, le dénigrement, l’humiliation et les menaces ne sont pas que l’affaire des femmes.

Saviez-vous que la violence psychologique n’est pas considérée comme un acte criminel au Canada et que les hommes et les femmes en sont victimes à proportion égale (18% et 19% selon une étude de l’Agence de la santé publique du Canada)? La pression sociale fait en sorte que les victimes ont honte de subir ces actes et ne veulent pas que les autres soient au courant de cette violence. Cela est encore plus vrai pour les hommes.

Également, si un homme qui subit de la violence, qu’elle soit physique ou psychologique, de la part de sa conjointe se défend physiquement, à cause de sa force physique généralement supérieure qui peut occasionner des blessures plus graves, il risque que cette dernière dépose une plainte et c’est lui que la police va arrêter parce que la violence physique, elle, est considérée comme un acte criminel aux yeux de la Loi. Dans ce cas de figure, comme dans d’autres, un cercle vicieux d’injustice s’installe et le système judiciaire n’est pas bien adapté à la réalité des hommes, sans compter les services d’aide qui leur font aussi défaut puisque peu d’entre eux s’adressent à leurs besoins spécifiques.

Vers une société meilleure

Loin de vouloir plaindre les hommes, minimiser la Journée de la femme ET les femmes. Loin de vouloir vexer qui que ce soit, je veux juste dire que nous vivons dans une société imparfaite, où la performance et l’image de soi sont importantes. Ce n’est pas parce qu’un homme pleure qu’il est faible. Ce n’est pas parce qu’un homme échoue qu’il ne vaut rien.

La société, c’est nous. Ce sont nos pensées, nos gestes et nos paroles qui peuvent la rendre meilleure. Si nos hommes sont en santé et heureux, ils pourront eux aussi contribuer à la construction d’un monde où il fait bon vivre.

Comme la Journée de la femme, la Journée de l’homme mérite qu’on la célèbre!

 

Références :

Levesque, P., Pelletier, É. & Perron, P. A. (2019). Le suicide au Québec : 1981 à 2016 — Mise à jour 2019. Québec, Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. 25 pages.

La violence à l’égard des hommes dans les relations intimes. (2008-11-28). Consulté sur : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/promotion-sante/arretons-violence-familiale/publications/violence-egard-hommes-relations-intimes.html

Sites d’intérêt pour venir en aide aux hommes

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