Des femmes du SEESUS écrivent à la rectrice

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Voici une lettre adressée à Mme  la rectrice de l’Université de Sherbrooke dans le cadre de la Journée Internationale des femmes  et qui a été envoyée pour publication le 7 mars à La Tribune :

Mme la rectrice,

La journée internationale des femmes commémore la lutte des femmes pour l’égalité des droits dans tous les domaines de la vie. Les femmes sont  parties de loin au début du 20ième siècle. Nos grands-mères ont milité pour l’obtention du droit de vote au Fédéral et au Provincial. Nos mères ont milité pour devenir des personnes juridiques à part entière et ne plus être considérées comme des enfants mineurs, sous la tutelle d’un père ou d’un mari : à la fin des années 1950, le mari devait signer le consentement pour que son épouse puisse subir une opération chirurgicale (même pour une césarienne) car une femme mariée était considérée comme une mineure aux yeux de la loi. Elles ont milité pour le droit à l’éducation supérieure, alors que l’accès aux professions libérales (médecins, avocats, notaires) était réservé aux hommes. En 1966, quand ma sœur ainée a débuté sa carrière d’enseignante en 8ième année à la Commission Scolaire de l’Estrie, elle gagnait moins qu’un professeur masculin pour le même travail dans une classe de même niveau.  La décennie qui a suivi a nécessité un long combat  pour que les femmes obtiennent  un salaire égal pour un travail égal. Dans les années 1990, les femmes ont milité pour obtenir un salaire égal pour un travail équivalent (loi de l’équité salariale).

Vous êtes la première femme rectrice de l’Université de Sherbrooke et vous avez bénéficié du combat de toutes ces pionnières qui ont lutté pour l’avancement des droits des femmes. L’Université, comme employeur, peut compter sur un personnel de soutien composé majoritairement de femmes de tous les groupes d’âge, de 20 à 65 ans. Nous sommes des femmes fortes et indépendantes, qui subvenons à nos besoins, participons aux dépenses communes  au même titre que nos hommes, qui sommes parfois  chef de famille monoparentale, parfois gagnant  le salaire principal dans la maisonnée.  Les plus âgées d’entre nous ont vu défiler tous les combats des 50 dernières années. Cet automne, après 2 ans de  négociations infructueuses, nous avons dû sortir les pancartes et faire la grève pour conserver nos acquis, améliorer nos conditions de travail et maintenir le niveau de notre salaire face à l’inflation. Nous l’avons fait avec dignité, dans le plus grand  respect des lois.

Nous sommes retournées au travail le 15 décembre dernier, dignement, la tête haute, en respectant les termes de la proposition du conciliateur acceptée le 13 décembre. Lors de votre conférence de presse du 14 décembre, vous avez mentionné que l’Université a besoin de ses employées de soutien, qu’il fallait maintenant tourner la page et passer à autre chose. Nous nous efforçons de le faire à chaque jour dans notre milieu de travail. À votre tour madame la rectrice, de tourner véritablement la page en honorant les engagements pris par l’Université de Sherbrooke lors de la signature de la convention le 31 janvier dernier. Nous déplorons le fait que l’Université ne respecte pas les termes de cette convention en retardant le versement des  augmentations de salaires qui nous sont dues (date de versement indéterminée). Comme toutes les femmes, notre travail mérite d’être rétribué selon les lois et conventions en vigueur. Nous réclamons que les ajustements de taux horaire soient faits sur la paie du 15 mars. Ce n’est pas une demande exagérée, 3 mois après notre retour au travail.

Agissez avec la dignité qu’exige votre fonction, Tournez la page, Soyez de bonne foi. Respectez l’engagement que vous avez pris le 14 décembre 2011 ainsi que  votre signature du 31 janvier 2012 sur la convention collective de vos employées.

Francine Grondin, Lucie Rivard, Chantal Lachance, Sonia Bilodeau, Lise Casavant-Labbé, Isabelle Bérubé, Annie Trottier, Marie-Ève Bédard, Josianne Boisclair, Carolle Paquet, Isabelle Giroux, Marianne Paré, Mariane Bourque, Lucie Chouinard, Renée Landry, Caroline Paquet, Martine Ongenae, Annie Carbonneau, Chantal Perron, Ghislaine Patry, Hélène Godin, Lucie Paradis, Rachel Ouellette, Josée Clair, Louise Turcotte, Christiane Bolduc, Josée Lachance, Luce Proteau, Denise Bergeron, Karine Morin, Line Boily, Nicole Lévesque, Francine Côté, Lucie Randlett, Guylaine Nolet, Marielle Garneau, Johanne Proulx, Joyce Morin, Karine Paré, Linda Simoncelli, Émilie Bilodeau, Isabelle Lapointe, Lise Grégoire, Lise Lussier, Sylvie Beaudoin, Sylvie Doré, Nicole Préfontaine, Jacqueline Larocque, Anita Lemieux, Renée Quiriault, Micheline Guibord, France Girard, Brigitte Fortin

Femmes membres  du SEESUS (Syndicat des employés et employées de soutien de l’Université de Sherbrooke)

Ajout de Francine Grondin le 7 mars :

Le but de cette lettre n’est pas d’exclure les collègues masculins. Dans la déclaration des droits de l’Homme, Homme inclut aussi les femmes. Dans la grammaire française, le masculin l’emporte sur le féminin, alors pour la Journée Internationale des Femmes, permettez que le féminin soit en vedette et inclut les hommes. La lutte des femmes a été faite en compagnie des hommes, particulièrement celle de l’automne dernier et les gains appartiennent autant aux hommes qu’aux femmes, lorsqu’ils se matérialiseront dans le concret.


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