Le SEESUS n’est pas dupe (version non censurée)

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Madame la Rectrice,

Nous avons tous lu avec intérêt votre déclaration de cette semaine par le biais de la présente Tribune libre et nous sommes dans l’obligation de rectifier certains faits concernant la négociation que nous menons avec l’Université de Sherbrooke.

Nous sommes surpris de votre déclaration de ne pas introduire le paiement de l’équité salariale dans le processus de négociation, position relativement nouvelle de l’Université puisque votre dernier dépôt patronal et le tableau cumulé des augmentations de salaire incluaient l’équité salariale ce qui, vous l’avez constaté, a soulevé la colère des femmes du SEESUS. Depuis plusieurs mois, nous martelons à vos représentants à la table de négociation que l’équité n’est pas matière à négociation.  Enfin, la colère des femmes aura fait reculer votre institution.

Négocions, dites-vous? Le 28 avril dernier, le Syndicat a déposé une proposition globale de règlement que vos représentants à la table de négociation ont prétendument analysé pendant plus de deux mois et demi et annulé toutes les dates de négociation prévues entre les parties; deux mois et demi, Madame la Rectrice, pour finalement accoucher d’une offre patronale que nos membres ont qualifiée de méprisante par scrutin secret à hauteur de 97 %. Et votre responsable des communications se gargarise qu’il n’y a pas eu deux jours de négociation au cours des deux dernières semaines… Soyons sérieux, Madame la Rectrice. Avant l’exercice de la grève par le SEESUS, ni vous n’y personne de la direction de l’Université ne se préoccupaient de ce qui se passait à la table de négociation.  Aucun membre de la direction ne participe d’ailleurs à la table de négociation, votre porte-parole patronal étant un retraité du Service des ressources humaines de l’Université, et ce sont vos choix.

Nos membres nous ont confié un mandat clair!  Pas d’introduction à la sauvette d’une nouvelle grille salariale et pas que la PSG comme augmentation de salaire.  Depuis que nous vous en avons informé comme base de la poursuite des négociations, c’est plutôt de votre côté que se trouve le silence.  Négocions, dites-vous. Trouvons des solutions, proclamez-vous.  Lorsque vous avez faussement tenté de faire croire à une directive du ministère de l’Éducation, et jusqu’à ce que la mascarade éclate à ce sujet, nous avons exploré des pistes de solution avec vos représentants patronaux à la table et nous sommes obligés de vous dire que ce sont eux qui ont rejeté du revers de la main les pistes de solutions syndicales.

Les employés de soutien des universités de Trois-Rivières et de Chicoutimi ont des augmentations de salaire supérieures à la PSG jusqu’en 2013 pour certains; peut-être que leur capacité de payer a été investie dans leur force de travail plutôt que dans le béton et les amis du parti.

Nous vous invitons à répondre ouvertement aux deux conditions exprimées par le Syndicat pour un retour à la table de négociation et cesser de faire du spectacle comme l’a fait votre doyen de la Faculté de médecine sur le dos du SEESUS.  Si votre doyen avait été aussi transparent avec le Syndicat pour la télémédecine touchant les enfants qu’il l’avait été trois semaines auparavant à sauver les souris, peut-être, Madame, n’aurions-nous pas le mauvais goût du mépris à la bouche que nous ressentons, tant à la table de négociation par vos offres et le comportement de vos représentants, que par le spectacle discutable de votre doyen de la Faculté de médecine.

Comme nos membres nous le disent sur les lignes, il serait temps que la marmotte voie son ombre…

Stéphane Caron
Président