Info-négo du 1er août 2011

L’argument suprême

L’Université a publié sur son site une lettre du sous-ministre Charland du MELS qui lui rappelle que le ministère « n’acceptera aucun règlement comportant des augmentations de salaire allant au-delà de ce qui est prévu dans la politique salariale du gouvernement (PSG) qui a été convenue avec tous les syndicats publics et parapublics représentant plus de 450 000 personnes salariées. »

 Le SEESUS n’est pas lié par la politique salariale gouvernementale pour plusieurs raisons :

  • Les Universités ne font pas partie de la fonction publique.
  • Les Syndicats des personnes salariées des Universités n’étaient pas à la table de négociation qui a mené à la PSG. Si le gouvernement prétend que nous y sommes liés, il aurait dû nous inclure dans le processus de négociation. Ce qui n’a jamais été fait.
  • Il y a même une décision arbitrale rendue par Me Huguette Gagnon en janvier 2008 qui confirme à l’Université de Sherbrooke que nous ne sommes pas liés par les paramètres de la PSG.
  • Ensuite, si c’est le gouvernement qui dicte sa conduite à l’Université de Sherbrooke, au-delà du problème de l’autonomie que cela soulève, il devrait au moins accepter que nous partions sur une base salariale commune et paritaire avec les autres salariés des autres Universités, notamment comme nous le demandons dans notre offre globale du 28 avril, avec les Universités du Québec à Trois-Rivières, à Rimouski et à Chicoutimi.

 Il pourrait y avoir une solution. Avec un rattrapage salarial initial qui pourrait s’appliquer pour 2009, avant l’offre de la PSG. Nous pourrions accepter la PSG pour les années suivantes pourvu qu’elle couvre l’augmentation des prix à la consommation. 

 Rejet de l’offre globale de l’Université

 Nous avons analysé sérieusement la nouvelle structure salariale proposée par l’Université  qui intégrerait à la fois les ajustements salariaux, suite aux travaux sur l’équité salariale, et les augmentations salariales correspondant à la PSG. Nous ne rejetons pas d’emblée la nouvelle grille salariale, particulièrement en ce qui a trait aux efforts d’intégration de l’équité salariale, mais dans l’état actuel des choses, elle nous apparaît prématurée. Et pour cause :

  • Les travaux sur l’équité salariale et le maintien de l’équité sont loin d’être complétés.
  • Les résultats du maintien n’ont pas encore fait l’objet d’un affichage comme le prescrit la loi sur l’équité.
  • 41 fonctions sur 163 n’ont pas encore été évaluées.
  • Nous sommes toujours en attente d’un jugement de la Commission de l’équité salariale en ce qui concerne un différend entre la partie patronale et la partie syndicale.

Bien que nous reconnaissions qu’il faudra revoir la structure salariale pour y intégrer l’équité, présentement trop d’inconnues demeurent pour que nous puissions y procéder maintenant. Par ailleurs, ceci ne devrait pas avoir d’impact sur le calcul et le remboursement de la « rétro » attendue.

De plus, selon l’employeur, la nouvelle structure proposée engendrera :

  • 40 fonctions se retrouveraient étoilées en 2009 et leur salaire gelé jusqu’à ce que les augmentations futures des échelles salariales les rattrapent. 
  • De ses 40 fonctions, encore 28 fonctions en 2011 demeureraient étoilées. Cela pourrait prendre des années avant de pouvoir bénéficier d’une augmentation de salaire !

 Pour toutes ces raisons, nous réitérons nos demandes salariales contenues dans notre offre globale du 28 avril. Réglons d’abord les augmentations salariales et ensuite nous travaillerons sur une nouvelle structure salariale pour y intégrer l’équité salariale.

 Réponse à la dépêche du vice-recteur

 Il n’est pas question d’accepter aucune trêve. Depuis décembre 2009, le piétinement de la partie patronale à la table de négociation n’est guère de nature à favoriser une telle avenue. Il n’y a toujours pas d’ouverture concernant les conditions de travail du personnel de recherche, pas plus d’ailleurs que sur notre demande de parité salariale avec les salariés des autres Universités. Nous répétons donc ce que nous avons exprimé clairement dans notre Info-négo du 19 juillet :

 « Le SEESUS ne renoncera pas à son droit d’exercer des moyens de pression tant qu’il n’y aura pas une offre décente sur la table. »

Remarques

 Dans l’Info-Négo des RH, sur leur site web, concernant le 19 juillet, nous pouvons lire :

« Conformément à ses engagements et dans le but de favoriser un règlement rapide, l’Université procède à un dépôt global… »

La convention collective de la recherche est échue depuis juin 2006, celle du personnel régulier l’est depuis décembre 2008, il y a eu plus de 30 rencontres à la table de négo. Est-il cohérent de parler d’un règlement rapide ? En ce qui nous concerne, il y a déjà belle lurette que le règlement rapide a été renvoyé aux calendes grecques.