Info-négo

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Back to the future

Le 28 avril dernier, nous avons déposé à l’employeur une offre globale vraiment épurée, dans l’espoir d’en arriver à un règlement acceptable. En fait, nous avons alors reporté dans le temps une grande partie de nos demandes initiales en ne conservant que nos demandes salariales qui se résumaient à la parité avec ce qui se fait ailleurs, notamment à l’Université du Québec à Chicoutimi, et l’intégration dans notre convention collective, pour les membres de la recherche, des mêmes conditions de travail que les autres membres du SEESUS. Il va sans dire qu’une telle épuration était intimement liée à une courte durée de la future convention et que tout dans cette offre était interrelié et indissociable.

Après les annulations successives par la partie patronale des rencontres prévues en mai et en juin, l’Université nous envoyait paître sans aucune autre date prévue pour une future rencontre de négociation. C’est suite à la convocation de notre dernière assemblée générale que la date du 19 juillet a été fixée. Notre impatience a culminé avec le déclenchement de notre grève générale de 24 h en plein cœur de juillet, comme un coup de semonce envoyé à l’Université et prouvant hors de tout doute, notre détermination collective et le sérieux de nos demandes.

L’Université fait la sourde oreille

Le 19 juillet au matin, l’Université n’a pas répondu à notre offre globale. C’est à se demander si la partie patronale a même daigné la lire. Elle a préféré déposer sa propre offre globale. Or avec cette offre, nous retournons en arrière. Concernant le personnel de la recherche, la partie patronale maintient la même position qu’elle avait en décembre 2009. Lors de la rencontre du 9 mars dernier, nous résumions ainsi la situation : « – nous avons obtenu la fusion, mais on nous propose le recul et l’exclusion ». Il n’y a rien de changé. Cette fois-ci, c’est dans une lettre d’entente, définitivement inacceptable, qu’elle veut isoler et confiner les membres de la recherche. Son entêtement à vouloir continuer dans cette voie, nous mène droit à un conflit qui conduira la recherche vers un gouffre tout aussi profond que le « Non profond » que nous a servi la partie patronale en 2006-2007 après 4 rencontres de négociation avec l’ancienne unité de la recherche.

Dans sa dernière offre, l’Université a déposé une nouvelle structure salariale qui intégrerait à la fois le règlement de l’équité salariale et les augmentations de la politique salariale gouvernementale (PSG). Ça fait deux années que nous négocions, plus de 30 rencontres ont eu lieu, et jamais il n’a été question de négocier l’équité salariale. Il est clair que nous ne jouerons pas les deux volets l’un contre l’autre. L’équité n’est pas négociable.  Et ce qui est dû aux femmes depuis trop longtemps leur est dû. L’Université doit payer, c’est la loi. Et ça n’a rien à voir avec les augmentations salariales. L’Université excelle dans cet art de tout confondre pour arriver à ses fins et pour que personne n’y comprenne plus rien.

Vous vous rappelez tous les problèmes inhérents à l’intégration à une nouvelle structure salariale en 2004-2005 ? À écouter la partie patronale, cette fois-ci ne risque pas d’être différente. Il y aura encore des « étoilés » qui verront leur salaire gelé jusqu’à ce que les augmentations les rattrapent. Dans un prochain Info-négo., quand nous aurons davantage analysé cette structure, nous vous donnerons des exemples de cas  typiques.

Comble d’ironie, l’Université croit tellement à son offre, qu’à la toute fin de la rencontre, la partie patronale a remis une lettre du vice-recteur aux ressources humaines et à la vie étudiante, adressée au président du SEESUS. L’Université demande la collaboration du SEESUS et son engagement à ne pas perturber la cérémonie de collation des grades. Elle demande une trêve entre le 15 août et le 25 septembre. De deux choses l’une, ou bien l’Université sait que son offre est inacceptable, ou bien l’administration cherche un bouc émissaire pour se débarrasser d’une cérémonie trop coûteuse. Elle économiserait peut-être ainsi une partie des 6 millions de dollars annoncés pour la construction d’un bistrot sur le campus principal dans le but d’épater la galerie lors des Jeux du Canada de 2013.  De plus, nous avons appris que les Ressources humaines demandent aux chercheurs de dresser la liste de leurs services essentiels en cas de grève ou de lock-out. C’est dire à quel point l’Université croit à son offre et à une entente imminente.

Le SEESUS ne renoncera pas à son droit d’exercer des moyens de pression tant qu’il n’y aura pas une offre décente sur la table.


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